Les Harpies étaient au nombre
de trois et habitaient les îles Strophades
Elles étaient considérées
par Hésiode comme des femmes ailées
à la belle chevelure, puis, peu à
peu, la légende leur a donné l'apparence
de monstres épouvantables. Leur corps osseux
de vautour, leur visage ridé, leur bec et
leurs ongles crochus, l'odeur infecte qu'elles répandent
sont autant de représentations sensibles
de la sécheresse, de la famine et des épidémies,
mais aussi l'image de monstres impossibles à
rassasier, qui enlèvent les enfants et pourvoient
en morts les Enfers. Ces ravisseuses aux serres
puissantes arrachent de leur corps les âmes
des morts et les emportent dans le sombre royaume
d'Hadès.
Les dieux ne les détruisent
pas parce qu'ils se servent de leur méchanceté
pour tourmenter les mortels, tel l'aveugle Phinée,
dont elles ravissent ou souillent la nourriture.
Cet aveugle était le roi de Thrace et les
Harpies le persécutaient. Il fait appel aux
fils de Borée, le vent du nord, qui, seuls
étaient capables de les capturer. Ainsi est-il
débarrassé définitivement de
ces "ravisseuses" (c'est le sens de leur
nom). Enfin, on peut dire que leur seule action
positive a été de s'unir au dieu de
la brise Zéphir. De cette union, sont nés
les deux chevaux d'Achille, qui étaient,
dit-on, aussi rapides que le vent.